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05/01/2013

Bla-bla de nuit

 

       Avec tout ça, je ne me suis pas occupée de mes problèmes avec l'affreux voisin. Heureusement, comme à son habitude lorsque la police intervient, il s'est tiré toute la semaine, sans doute pour se faire un peu oublier. Moi, ça m'a fait des vacances.

        Suite à ma conversation téléphonique avec le propriétaire, nous étions convenus de nous recontacter sur le sujet après les fêtes, et je devais lui écrire un courrier. Ça me prend la tête, tout comme d'aller au commissariat déposer une main courante, mais je dois vraiment le faire.

        Je viens donc de plancher sur une longue lettre très officielle, expliquant en détails ce que je subis depuis des mois de la part du voisin, et de son comportement extrèmement perturbateur. J'ai terminé le brouillon, je n'ai plus qu'à la taper à l'ordi, l'imprimer, et l'envoyer.

         De toute ma vie, je n'avais jamais autant écrit qu'en ce moment, entre mon blog, les romans que j'ai envoyé toute la semaine à mon ex pour me vider de tout ce qui se bousculait dans ma tête. Et maintenant cette lettre, pour laquelle j'ai pris le temps de bien choisir mes mots, afin qu'elle soit la plus claire et la plus explicite possible.

         Je n'ai vraiment rien géré cette semaine, je dois bien avouer que j'ai fait n'importe quoi, dépassée par mes pensées et mes émotions. J'ai été incapable de faire autre chose que retourner la situation dans tous les sens, pour essayer de comprendre, poser des mots, intégrer le fait que les cartes ont été redistribuées.

          Enfin, depuis ce matin, après avoir découvert que tous les emails que je lui avais écrits et nos échanges précédents avaient disparus, je ne lui ai rien envoyé. Ça m'a calmée d'un seul coup. Et puis son appel m'a fait du bien. Malgré tout, le contact n'est pas rompu et il pourrait même repartir sur de meilleures bases.

          Ma colère retombe. Une fois mon ressentiment et mon incompréhension largement exprimés auprès de lui, je crois que je ne lui en veux plus. Comme le conseille l'un des Accords Toltèques, "n'en faites pas une affaire personnelle". Je me dis que pour avoir agit ainsi, il doit vraiment avoir un gros problème dans sa tête et dans sa vie, et maintenant, j'ai plutôt pitié de lui. Ce n'était assurément pas qu'une histoire de sexe, je sens quelque chose de plus profond, une vraie détresse dans ses relations avec les femmes et, selon ses mots, dans le fait d'avoir abandonné sa fille. Déjà, avant de me connaître il y a maintenant 10 ans, ses histoires de couple n'avaient jamais été satisfaisantes pour lui.

           Bon voilà, il a fait une grosse connerie et il est en train d'en payer les frais, puisque maintenant, il va devoir rendre des comptes à la mère de sa fille qu'il a impliquée à son insu dans l'histoire. Et à sa mère aussi qui va lui demander des explications sur mon appel. Je pense qu'il a compris la leçon. Il a eu suffisamment la trouille quand je l'ai menacé de divulguer tous nos échanges sur le Net.

           Vraiment, je ne souhaitais pas faire ça par simple vengeance. Ce qui m'a mise hors de moi, c'est que lorsqu'il a compris que j'avais tout découvert, sa première réaction a été de fuir en coupant tout contact brutalement. C'était tout simplement insupportable pour moi, de me retrouver seule avec cette mascarade. Je ne voulais pas me venger, je voulais l'atteindre pour qu'il m'explique, parce que je méritais cette explication.

           Et au-delà de ma colère et de ma souffrance, la raison pour laquelle c'est allé aussi loin, c'est que toute la semaine il a tenté de fuir sa responsabilité, se souciant à peine de ce que je pouvais ressentir. Sa principale inquiétude étant de se demander jusqu'où j'allais foutre le bordel.

            Alors non, je ne voulais pas me venger. Je voulais surtout qu'il ne me laisse pas dans le silence et la solitude après ça.

            Et suite à la disparition de nos emails échangés, j'ai compris qu'il était grand temps d'encaisser, et d'accepter. Maintenant, je veux juste essayer de retrouver ma tranquilité.

            C'est dans cet état d'esprit que j'ai pu parler calmement avec lui lorsqu'il m'a appelée. Certains de ses mots m'ont rassurée. Je crois qu'une fois la tension provoquée par mes menaces envolée, il peut commencer à me regarder différement, et comprendre un peu ma détresse, comme j'ai commencé à comprendre la sienne.

            Alors oui, finalement, peut-être que quelque chose de bien peut malgré tout sortir de tout ça. On verra bien.

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