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28/08/2015

Vendredi

 

        Je vais mieux ce matin. Ecrire m'a soulagée hier, heureusement que j'ai mon blog.

        Franck m'a appelée, il vient ce soir. Pourtant, il ne cesse de me dire qu'il doit passer plus de temps chez lui. C'est tout lui, ça, dire une chose et faire son contraire. Ça peut paraître bizarre après tout ce que j'ai écrit hier, mais j'aurais préféré rester seule, pour me reposer. Mais je n'ai pas eu le courage de refuser.

        J'ai reçu un coup de fil de Gwénaël dans la soirée. C'est confirmé pour l'après-midi de demain. J'appréhende un peu de me retrouver avec Odile, je ne sais pas ce que je vais ressentir. Franck n'a pas encore décidé s'il venait lui aussi ou pas. Hier, il m'a dit qu'il n'était pas sûr d'aller visiter Philippe. Je m'en doutais un peu, ça aussi c'est tout Franck, s'engager dans des trucs qu'il ne tient pas. Je précise que c'est lui qui a proposé à Philippe de l'aider la première fois. Et il a aussi été le premier à rechigner pour y aller.

        Bref, je vais quand même essayer de passer une bonne journée demain, quelle que soit l'humeur de Franck.

      

27/08/2015

Jeudi, suite

 

       Je n'ai pas réussi à dormir. L'angoisse était très forte. J'essayais de me répéter des phrases positives, comme des mantras, pour canaliser mes pensées. Au bout d'un moment, je me suis relevée, et n'y tenant plus, j'ai appelé Franck pour essayer de me rassurer. Il a répondu, et ça m'a fait du bien, même si nous en sommes au même point que la dernière fois. Nous n'avons pas vraiment envie de nous séparer, mais les problèmes entre nous ne se sont pas envolés comme par magie. Enfin, l'avoir au téléphone m'a quand même un peu rassurée, je ne suis pas tout-à-fait seule et nous nous reverrons bientôt, peut-être ce week-end.

        Après le coup de fil, je suis sortie acheter des clopes et j'ai croisé Nicolas qui m'a payé un café à l'Escapade. Nous avons un peu parlé des dernières nouvelles. Nicolas non plus n'est pas dans une situation facile avec sa copine. Tous les deux sont aussi très malades, et pour eux, c'est encore pire que pour Franck et moi.

        Voilà donc, la journée a été dure, mais ça commence à aller un peu mieux. Je m'occupe en regardant la télé et en écrivant.

        Un peu de positif quand même : ma déglutition qui va mieux. J'ai vraiment eu très peur, je me voyais déjà  l'hôpital avec une tumeur à la gorge, même si j'essayais de lutter autant que je pouvais contre cette peur. Mais ne plus pouvoir manger, c'est impressionnant, tout comme les kilos perdus ces dernières semaines. En revanche, je ne peux toujours pas prendre de comprimé. Le docteur n'était pas très content que j'aie cessé de prendre une partie de mon traitement sans en parler avec ma psy, me disant qu'il existe des alternatives aux cachets. Je crois que cet arrêt de médicament joue beaucoup sur mon état d'angoisse en ce moment. Je vais appeler ma psy et ça va s'arranger.

        Autre point positif : l'arrêt de l'alcool. Je n'ai pas craqué malgré ces temps difficiles. Sinon, mardi, Franck et moi avions décidé d'arrêter la clope, tout en ayant conscience que ça allait être très dur. C'est plutôt positif aussi d'avoir envie d'arrêter. Il faut dire que je tousse beaucoup et que mon problème à la gorge m'a vraiment effrayée. Nous avions donc terminé notre paquet de clopes mardi soir, en nous disant que nous n'en rachèterions pas. Mais le gros stress dans lequel nous a mis l'état de Philippe dès le lendemain a eu raison de notre belle résolution. Ce n'est que partie remise. Au moins, j'ai décidé d'arrêter, même si je ne sais pas encore quand ni comment. J'ai pris conscience que je ne pourrai pas passer le reste de ma vie à fumer.

        Enfin, un dernier point positif : une amie du CATTP m'a prêté des livres, dont deux de Stephen King que je n'ai pas lus. Voilà qui devrait m'aider à tempérer mon ennui, même s'il m'est difficile de me concentrer en ce moment, je vais quand même essayer de lire. J'adore les livres de Stephen King.

        Voilà, je vais un peu mieux, ce sera tout pour ce soir.

Jeudi

 

        Franck et moi ne sommes plus ensemble depuis ce matin. Pour le moment, je suis très angoissée, mais je suppose qu'avec un peu de temps, j'y trouverai mon compte et que ça ira mieux. C'est très dommage mais ça n'allait vraiment pas entre nous et c'était de plus en plus difficile pour moi. C'est lui qui a pris la décision, moi, j'en étais incapable, même si je me sentais très mal avec lui. On dit qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné et je me posais la question chaque jour, je vais enfin savoir si c'est vrai. Mais sur le moment, c'est un peu dur quand même.

        Je suis extrêmement perturbée ces derniers temps. Hier, nous sommes allés voir Philippe que nous avons trouvé dans un état plus que lamentable, au-delà de toute description possible. Ça m'a profondément choquée, comme une vision d'horreur. J'avais l'impression qu'il était en train de mourir, ce qui ne doit pas être loin de la vérité. Il est évident que sa place est à l'hôpital, mais il ne veut rien entendre sur ce point. Sans doute aurions-nous dû appeler les pompiers, vu l'état de délabrement physique dans lequel il était. Je crois que c'est ce qu'aurait fait n'importe lequel d'entre vous qui me lisez, sans hésitation. Et pourtant, Franck et moi n'avons rien fait. Au bout d'un moment très éprouvant, nous sommes repartis, en disant simplement à Philippe de se reposer et que nous repasserions samedi.

        Finalement, Franck ira seul samedi. Hier soir, nous avons reçu un texto de Gwénaël, que nous n'avons pas revu depuis des lustres, qui proposait un tarot le même jour chez lui. Comme je me sens seule en ce moment, ça m'a fait très plaisir. J'ai proposé à Franck d'aller voir Philippe de bonne heure, puis de nous rendre chez Gwénaël qui n'habite pas très loin. Mais il a refusé et ça m'a vraiment déçue, encore une fois et j'ai fait la gueule, comme c'est pratiquement tout le temps le cas ces derniers temps. En ce moment, avec Franck, je passe ma vie à faire la gueule, à être angoissée, contrariée et irritée. J'en ai assez d'être dans cet état. Je me suis couchée comme ça, en me disant que Franck ne m'aidait vraiment pas pour mon problème de solitude et d'ennui.

        Ce matin, au réveil, c'est Franck qui faisait la gueule dès le matin et une fois de plus, je subissais son humeur. Encore une fois, irritée dès le matin. C'est ainsi qu'on s'est quittés pour de bon, et qu'il m'a dit qu'il irait seul voir Philippe. J'ai accepté tout de suite, libérée d'un poids. A mon, tour, je baisse les bras pour Philippe, je prends la fuite car c'est au-delà de mes forces. Je ne peux pas aider quelqu'un qui ne veut pas d'aide, et le cas de Philippe est trop lourd. Je crois que je ne culpabilise même pas. Enfin, si, un peu quand même.

        Avec tout ça, c'était un peu tendu ce matin, à l'atelier sport cérébral du CATTP. J'étais assez mal. Il y avait Odile et Franck et je me demandais comment les choses allaient se passer. A ma grande surprise, de fil en aiguille, Odile et moi avons décidé d'aller ensemble chez Gwénaël samedi, s'il est toujours d'accord. Nous lui avons laissé un message téléphonique. Peut-être un début de réconciliation avec Odile, qui sait ? Je crois que ce serait une bonne chose, même si je suis un peu gênée de mon attitude envers elle dernièrement. On verra bien si elle m'énerve encore ou pas par la suite. En tout cas, j'ai très envie d'aller voir Gwénaël samedi, ça me ferait beaucoup de bien de pouvoir me changer les idées. Et ne pas trop penser à Franck et à Philippe.

        Pour le reste, j'ai vu un médecin lundi pour mon problème de déglutition qui m'angoissait tant. Dans un premier temps, elle m'a diagnostiqué une mycose buccale. En d'autres termes, un champignon dans la bouche et dans la gorge... Sympa, beurk ! Je ne sais pas comment c'est arrivé, il parait que c'est fréquent. J'ai un traitement pour trois semaines et je dois reprendre un rendez-vous lundi prochain. Elle m'a dit qu'il fallait d'abord traiter ce problème avant de voir s'il y avait autre chose. Je ne suis pas encore tout-à-fait rassurée, mais depuis que j'ai commencé le traitement, je recommence à pouvoir manger. Il était temps parce que je n'en pouvais plus de ne rien avaler de solide et je me sentais très faible. J'ai perdu huit kilos depuis que ça a commencé, il y a environ deux mois.

        Bon, je vais m'arrêter là pour le moment et faire une sieste que j'espère réparatrice. Je suis épuisée. Avant de m'endormir, si j'y parviens, je penserai à des choses positives. 

 

19/08/2015

Mercredi, suite

 

         Je me sentais trop seule, j'ai appelé Franck. Egal à lui-même. La conversation n'a pas été très convaincante. A vrai dire, nous ne sommes plus vraiment ensemble, ce n'est pas très clair. Mais au moins, nous ne sommes pas fâchés, c'est déjà ça. Je me rends compte que nos deux maladies mentales, nos vies marginales sont très difficile à concilier. Franck est très malade, très difficile à vivre, et je crois que ça ne changera pas. C'est aussi ce que m'avait dit l'infirmière que je voyais au CMP. Ses plaintes, ses changements d'avis intempestifs, ses revirements d'humeur soudains font partie de sa maladie, il est incapable de se contrôler. Il y a aussi la paranoïa qui l'envahit régulièrement et le perturbe beaucoup.

         Et moi, j'ai mes propres problèmes. Mon passé difficile, la dépression, l'enfermement, l'ennui, l'isolement, etc... Franck est schizophrène, je suis dépressive, ça fait un drôle de mélange.

         Aussi, ça ne va pas être simple à mettre en oeuvre, mais nous devons nous voir moins, c'est ce qui est plus ou moins ressorti de notre conversation téléphonique. C'est vrai qu'en plus de nos maladies, nous sommes ensemble toute la semaine 24h sur 24, dans mon minuscule logement. Nous avons aussi les mêmes activités au CATTP. C'est étouffant.

         Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. Je crois que nous allons rester amis autant que possible, mais ça me parait difficile de faire plus.

         Pour Philippe non plus, je ne sais pas quoi penser. Franck l'a appelé pour lui dire que nous ne passions pas et il m'a dit que ça s'était bien passé. J'ai peut-être culpabilisé et dramatisé pour rien. Nous irons peut-être vendredi, mais encore faut-il que Franck se sente bien et qu'il ne change pas d'avis à la dernière minute, en prétextant des vertiges, un mal de dos, une migraine, ou que sais-je.

         Cette journée a vraiment été crevante, je suis lessivée par tout ça. Je n'ai même pas appelé de médecin pour ma gorge, car ça me fout la trouille.

         Franck vient de me rappeler. Il n'est pas sûr de venir demain à la sortie du CATTP, mais il sera là demain soir pour dormir chez moi. Je n'ajouterai rien.

Mercredi

 

       Mon problème de déglutition est revenu depuis quelques jours. Je n'arrive plus à manger depuis vendredi, je ne bois que du jus de fruits et du yaourt à boire. J'ai très faim pourtant, mais ça ne passe pas, ça m'angoisse Je suis très, très préoccupée et ça me bouffe complètement le moral.

       La première fois que ça m'est arrivé, il y a deux ou trois mois, j'avais essayé de joindre mon médecin, ma chère Dr T., mais en vain. Lundi, je suis allée à Melun avec Franck pour voir directement de quoi il retournait. Le cabinet est fermé, les volets sont clos et la plaque à l'entrée a disparu. Mon docteur s'est volatilisé. Il faut dire que je n'avais pas consulté depuis deux ans et demi. Je suppose qu'elle a pris sa retraite. C'est un peu dur, je l'aimais beaucoup et elle me connaissait bien. Je n'ai plus qu'à me trouver un nouveau médecin, ce qui ne me facilite pas les choses pour mon problème. Je vais essayer de téléphoner cet après-midi pour prendre un rendez-vous. Ça m'angoisse beaucoup, mais je ne vais pas pouvoir rester sans manger encore bien longtemps.

       Je suis seule aujourd'hui. Franck est parti assez précipitamment hier soir, après un petit accrochage entre nous, à propos de Philippe. Nous devions aller chez lui aujourd'hui. Mais Odile nous a lâché, comme elle l'a souvent fait ces derniers temps. Elle a prévu autre chose, nous laissant nous débrouiller. Puis c'est Franck qui a prétexté ressentir des vertiges et commencé à dire qu'il ne pourrait peut-être pas y aller non plus. Avec lui, il y a toujours quelque chose qui ne va pas, c'est littéralement épuisant. Ça m'a énervée qu'il remette encore en question ce qui était prévu, comme il le fait quasiment systématiquement. Du coup, j'ai fait la gueule, disant que je n'irai pas non plus chez Philippe, car c'est trop lourd pour moi seule, et il est rentré chez lui.

       Nous laissons donc complètement tomber Philippe pour cette semaine, et peut-être définitivement. Je ne sais pas comment il va faire, car il est évident qu'il n'a pas la force d'aller faire ses courses lui-même et il ne voit personne d'autre que nous. Franck et Odile semblent n'avoir aucun scrupule à le lâcher comme ça du jour au lendemain. Moi, j'en ai, mais je ne veux pas assumer ça toute seule. Je l'ai déjà fait deux fois, Franck et Odile ayant trouvé mieux à faire, et c'était très éprouvant. Je ne suis pas assez forte. Pourtant, je culpabilise.

       Ça devait arriver tôt ou tard. Comme je l'ai dit, Philippe n'avance pas et c'est très décourageant. Il ne fait absolument rien pour relever un peu la tête, au contraire. Pour les courses et le ménage, il s'est entièrement reposé sur nous, au lieu d'essayer de prendre une aide ménagère dont c'est le métier, par exemple. Les infirmière lui ont déjà proposé, il a refusé. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y met de la mauvaise volonté. Il n'a pas non plus un caractère facile, il faut le savoir, il n'est pas très coopérant. Parfois, nous lui proposons d'aller boire un verre, ou manger quelques frites quelque part, il refuse. Il préfère rester chez lui, sans voir personne et sans rien faire. Très décourageant. Bref, je crois qu'il n'y a rien à faire. Si Franck et Odile ne veulent plus l'aider, je ne peux rien faire. C'est un peu brutal quand même et aujourd'hui, Philippe ne va pas comprendre ce qui lui arrive.

       Le petit groupe que nous formions est en train de se disloquer et je vois revenir le spectre de l'ennui et de la solitude. C'était dur de me retrouver seule hier soir, angoissée par mon problème à la gorge, énervée et déçue par Franck, tracassée par l'abandon de Philippe. Je me sens un peu mieux ce matin parce que je ne subis pas Franck et que j'écris. Mais l'après-midi va être longue, je le crains.

       Je ne sais pas quand je reverrai Franck. Je ne sais pas du tout où il en est. En vérité, ça ne marche pas très fort entre nous. La seule chose qui nous rapproche, c'est la peur de la solitude, et en dehors de ça, il n'y a pas grand-chose. A part aller au CATTP, nous passons notre temps à ne rien faire. Je peux dire que s'ennuyer seul à longueur de temps, c'est épuisant, mais à deux, c'est encore pire. Franck ne s'ennuie pas, lui, se plaindre l'occupe déjà pas mal. Je ne suis là que pour l'écouter parler de sa vie que je connais par coeur tant il rabâche sans cesse les mêmes histoires, et pour subir ses problèmes incessants. Problèmes imaginaires la plupart du temps, il suffirait qu'il cesse un peu de se plaindre de tout à tort et à travers. Il ne s'arrête jamais. C'est épuisant pour moi, et surtout, je ne trouve plus rien à lui dire. Alors je me tais. Déjà que je ne parle pas beaucoup, ça ne s'arrange pas. A force, je finis par me trouver complètement inintéressante parce que je n'ai rien à dire. Parfois, je craque et je m'énerve, puis c'est la soupe à la grimace, comme hier soir.

        Le fait est que j'ai de plus en plus de difficultés à supporter Franck. Jusqu'ici, j'ai choisi de rester avec lui parce que c'est moins pire que la solitude. Moi qui pensais que je m'en étais sortie, je vois que ce n'est pas encore gagné. Je crois que je vais devoir m'y faire. Il fut un temps où je croyais me faire des amis, mais on dirait que c'est raté. Pas facile de trouver des gens avec lesquels ça marche, surtout quand on a des problèmes psychiques comme moi. La solitude me colle à la peau, c'est très angoissant.

        Allez, un truc positif quand même, c'est une semaine sans boire d'alcool. Je suis au moins contente de ça. Je vais essayer de dormir cet après-midi, et demain il y a une sortie avec le CATTP, ça va m'occuper.

       

14/08/2015

Vendredi

 

      Je reviens de la mairie, où j'ai retiré un dossier pour une demande de logement social. Première étape, bonne chose de faite. Ne reste qu'à le remplir et le déposer au service concerné. Je suppose qu'ensuite, il n'y aura plus qu'à s'armer de patience et attendre. Peut-être un an, ou alors deux ou trois. J'espère que l'Univers me donnera un petit coup de pouce.

      Dans moins d'une heure, je serai dans le bus pour rejoindre Franck chez lui. Hier, il a obtenu un rendez-vous chez un dentiste ce matin de bonne heure. Il y est allé avec Philippe qui l'a emmené en voiture, car c'est plutôt loin et les bus pour y aller sont rares. Ça aussi c'est une bonne chose de faite. Cela dit, il n'est pas sûr que sa dent soit soignée aujourd'hui. S'il y a une infection, comme c'est sûrement le cas, Franck aura droit à une petite semaine d'antibiotiques avant l'opération. Il devra reprendre un rendez-vous, ce n'est sans doute pas encore terminé. Mais finalement, ça va, il ne se plaint pas autant que je le craignais.

       Pas d'alcool depuis lundi, je suis ravie, ça se passe à merveille et je ne ressens aucun manque. Franck, lui, continue de boire et malgré ça, je ne suis pas du tout tentée. Je redécouvre le plaisir des jus de fruits, c'est plutôt agréable. Et je suis moins fatiguée. Je crois vraiment que je suis sur la bonne voie.

       Sinon, hier, nous sommes allés chez Philippe, comme d'habitude. Pas grand-chose de nouveau, Philippe reste égal à lui-même, toujours aussi taciturne, renfermé et morose. Il se laisse complètement aller et c'est plutôt décourageant. Nous essayons tant que nous pouvons de lui changer les idées, mais on dirait que ça ne sert à rien. Je dois avouer que le jeudi n'est pas une partie de plaisir pour moi. Plus le temps passe, et plus c'est difficile d'essayer de soutenir Philippe sans aucun résultat. Les infirmières du CMP, où il voit sa psy et reçoit son injection de médicament, nous disent que nous ne pouvons rien faire pour lui. Elles ont déjà essayé de l'aider, il a refusé toutes les formes d'aide qui lui ont été proposées.

       Bon, je vais me préparer pour le bus, je passerai le week-end chez Franck.

12/08/2015

Mercredi

 

       Je suis chez moi, réveillée depuis 7h ce matin. Franck dort, je regarde vaguement un film sur mon ordi, en fumant et en buvant du café. Il va faire chaud aujourd'hui.

       Ça ne va pas être facile de supporter Franck. Il se plaint d'un mal de dent depuis au moins deux semaines, et c'est toute une histoire pour se faire soigner. La dentiste qu'il est allée voir ne veut rien lui faire, tant qu'elle n'a pas une attestation du médecin traitant, autorisant une anesthésie locale, à cause de son traitement. Bien sûr, le médecin est surbooké, bientôt en vacances, etc... La galère. Pas de rendez-vous avant lundi, avec un remplaçant et je ne sais pas comment Franck va tenir jusque-là.

       Tout ça pour dire que la journée ne va pas être facile. Il a déjà, comme vous le savez, une forte tendance à se plaindre de tout et de rien, je crains le pire pour aujourd'hui car je sais qu'il a mal dormi à cause de ça. J'ai intérêt à prendre sur moi et à être patiente.

       Nous nous sommes disputés lundi au sujet d'Odile. Franck voulait lui rendre visite, et moi non. Je me sens tellement mieux quand je ne la voit pas. Je ne sais pas comment me sortir en douceur de cette situation.

       Le volà réveillé, je quitte.

10/08/2015

Lundi

 

        Ce matin, en me réveillant, j'ai envie d'arrêter de boire. J'en ai assez, l'alcool m'écoeure. Assez d'être fatiguée tout le temps à cause de ça. Ça ne me dit plus rien subitement.

        Je crois que ma décision est prise. Ça va me changer la vie.

08/08/2015

Samedi

 

       Un peu moins fatiguée que la semaine dernière, mais pas au top non plus. Franck est rentré ce matin chez lui, je vais pouvoir me reposer jusqu'à lundi.

       Mais surtout... J'ai discuté mardi avec une copine du CATTP, Nathalie. Elle habite dans une petite zone de HLM en bordure de la ville. Son logement comporte deux pièces, plus une cuisine et une salle de bain et le comble, c'est qu'elle paie beaucoup moins cher de loyer que moi. Elle m'a dit que pour bénéficier de ce logement, elle avait rempli un simple dossier et que ça avait pris un an seulement. On ne lui a demandé ni garant, ni caution, contrairement à ce que je croyais. C'est pourquoi je n'avais jamais envisagé de faire une demande, pensant que je n'avais aucune chance.

       Aussi, j'ai décidé de me lancer moi aussi. La semaine prochaine, je vais entamer la démarche. Ça pourrait marcher et quel soulagement ce serait de vivre enfin dans un vrai appartement ! Et pas une piaule de 11m², minuscule et moisie.

       Tout ça me trotte dans la tête depuis mardi. C'est un espoir qui me tombe dessus alors que je ne m'y attendais pas. Ça remettrait tout en question, ma vie en serait totalement transformée. Et si, moi aussi, j'avais le droit de vivre bien ? Cette conversation avec Nathalie m'a vraiment bouleversée je dois dire. Si elle y est arrivée, pourquoi pas moi ?

       J'ai donc un objectif désormais. Cela va peut-être mettre fin à la période de dérive que je vis actuellement, entre alcool, clopes et ennui. De quoi avancer un peu au lieu de laisser filer le temps sans rien faire.

       Je me laisse aller à rêver d'une vie meilleure, que les choses peuvent encore changer pour moi. Je n'ose encore y croire. Et pourtant, il va falloir que je me persuade que c'est possible si je veux réaliser ce rêve. Je vais me remettre immédiatement à travailler avec la pensée positive.

02/08/2015

Dimanche

 

        Epuisée, vidée, rincée. J'ai passé le week-end chez Franck.

        La semaine dernière a été très éprouvante, et ces deux derniers jours pas mieux. Je suis complètement à plat. Bien contente d'être rentrée chez moi et d'être enfin un peu seule.

        J'aime beaucoup Franck et je crois que, sur le fond, je suis bien avec lui. Mais sur la forme, c'est autre chose. Il me vampirise totalement, c'est vraiment fatiguant. Cela fait des semaines que je n'en peux plus, que je n'arrive pas à me reposer parce que Franck prend une place énorme dans notre relation.

        L'infirmière du CMP m'avait dit que ça ne changerait pas, car cela fait partie de sa maladie. Pourtant, il va bien falloir faire quelque chose car je ne peux pas continuer comme ça, sans cesse épuisée. Il est rare que Franck me laisse tranquille. Je ne lui en veux pas, je sais qu'il est malade et que ce n'est pas facile pour lui, mais c'est dur pour moi aussi.

        Bref. Je suis rentrée cet après-midi, et j'ai dormi un peu, ça m'a fait du bien. Je ne reverrai Franck que mardi après-midi, j'ai toute la journée de demain pour enfin souffler un peu.

        Nous avons fait un barbecue samedi midi, dans le jardin de la mère de Franck, avec Odile et Philippe. C'était agréable de profiter du jardin et du soleil. Nous nous sommes baladés l'après-midi et avons fait quelques parties de tarot.

        La présence d'Odile m'a un peu gâché le moment. Pour ça aussi, je n'en peux plus, elle me sort littéralement par les yeux. Je l'ai totalement prise en grippe, et je ne peux plus me défaire de ce sentiment. Je crois que c'est irrémédiable, je ne la supporte plus. J'ai aussi souvent l'impression qu'elle s'amuse à me rendre jalouse, et ça ne me plaît pas du tout. Odile n'est pas aussi innocente qu'elle veut le faire croire, et moi, je ne suis pas non plus la dernière des connes. Son attitude n'est pas toujours très claire.

        Ce week-end, j'étais très fatiguée, du coup, elle me saoûlait encore plus que d'habitude, mais je crois qu'avec elle, j'ai atteint un point de non-retour. Voilà qui est dit. De ce côté aussi, les choses doivent changer, la vie est trop courte, inutile de la gâcher avec ce genre d'histoire.

        Bon, à part le fait que je suis crevée, les choses vont plutôt bien. L'été est tranquille, j'ai envie d'en profiter. Prendre le temps de vivre. Je trouve que je n'ai pas assez profité du mois de juillet et j'ai envie de me rattraper pour le mois d'août.

       Enfin, après trois années, l'orchidée de Franck s'est enfin décidée à fleurir, c'est un événement !

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