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29/01/2016

Jeudi, nuit

 

       Je passe une semaine difficile. J'ai eu un rendez-vous avec l'assistante sociale du CMP vendredi dernier. Un entretien très éprouvant, elle m'a gardée plus d'une heure. Je suis ressortie lessivée. Surtout parce qu'elle a remis en question ma place au CATTP. Elle veut que j'effectue une sorte de stage dont le but final serait de me réinsérer professionnellement, mais moi, je ne veux pas. Elle ne veut pas comprendre que c'est trop loin, trop long et trop difficile pour moi et surtout, que je n'ai pas du tout l'intention de retravailler.

       Puis mercredi, j'ai eu une évaluation au CATTP. Et là, rebelote. Je suis passée sur le grill pendant une demie-heure avec l'infirmière en chef ( qui avait communiqué avec l'assistante sociale à mon sujet ) et l'ergothérapeute. Et là encore, le CATTP est remis en question pour moi. Elles veulent que je fasse ce fameux stage ou autre chose.

       Ça me fait vraiment chier tout ça. Et ce n'est pas fini. L'assistante sociale veut me revoir lundi, donc je m'attends à me faire de nouveau farcir la tête avec des projets qui ne m'intéressent pas. Et je commence à la connaitre, elle va encore insister lourdement et me mettre dans une situation de malaise.

       Et pour finir, il y aura une nouvelle évaluation fin février, avec cette fois la psychiatre en chef qui s'occupe du CATTP et que je ne vois jamais. Encore un truc bien stressant, et comme l'infirmière en chef du CATTP sera présente, je suppose que ça va être la même confiture que mercredi. Marre.

       Tout ça me stresse énormément, je suis fatiguée, et surtout, je voudrais qu'on me laisse tranquille. Si on m'enlève le CATTP alors que c'est le seul endroit où je vois du monde, ce sera la catastrophe. Je suis incapable de faire autre chose, du moins pour le moment, et je pense que ce n'est pas près de changer.

       Bref, je vous saoule avec tout ça, juste pour dire qu'actuellement, c'est le gros stress pour moi. Je vois ma psy la semaine prochaine.

       Pour le reste, avec Franck, tout est calme en ce moment. Pas de rupture depuis la dernière fois. Il m'a dit qu'il ne le ferait plus, mais je n'ai pas encore tout-à-fait confiance.

       

16/01/2016

Samedi

 

       Franck est donc venu hier soir, bien que nous ne devions pas nous voir. Et puis il voulait que je vienne passer le reste du week-end chez lui. J'ai bien failli craquer et accepter, sachant que je l'aurais sûrement regretté par la suite. Finalement, il n'a pas trop insisté et est parti ce matin, juste avant mon réveil. Son départ m'a angoissée, mais c'est passé maintenant. Il faut absolument que je parvienne à rester un peu seule. Sans lui, car comme je l'ai dit, quand nous sommes ensemble, il prend toute la place. C'est épuisant, je dois vraiment me reposer.

      Je suis partagée. Quand je passe trop de temps avec lui, je finis par ne plus le supporter et je n'ai plus une minute de repos. Mais quand je me retrouve seule, j'angoisse et il me manque. Je voudrais bien trouver un juste équilibre dans tout ça.

      Je viens de craquer et je l'ai appelé. J'irai chez lui demain. Ça me laisse quand même le temps de me reposer aujourd'hui. Je crois que ce sera suffisant.

15/01/2016

Vendredi

 

       Pas de rupture cette semaine, c'est reposant. En revanche, Franck est rentré chez lui hier soir et nous ne devions pas nous voir ce week-end, histoire de souffler un peu, mais il vient de m'appeler et il veut venir ce soir. J'ai dit oui. Puis il m'a rappelée, il voulait que ce soit moi qui vienne chez lui. J'ai dit non, pas envie de bouger de chez moi. Et finalement, c'est lui qui vient, sachant que je m'attends à ce qu'il puisse changer encore d'avis. Rien n'est simple avec lui, et moi, je ne suis pas assez ferme.

       Enfin, j'ai quand même pu me relaxer un peu hier soir et la nuit dernière. Je me suis couchée vers 4h ce matin, et levée à 15h30. J'aime toujours autant la nuit, dommage que je n'ai plus très souvent l'occasion d'en profiter. J'adore me coucher très tard et me réveiller dans la journée.

       Sinon, ça va, rien de spécial à signaler.

13/01/2016

Mercredi

 

        Tout est calme depuis vendredi. Pour un peu, je dirais presque que c'est même trop calme. Je m'ennuie. Bon, je ne vais pas non plus me plaindre pour rien. C'est calme, c'est bien.

         Aujourd'hui, je suis allée voir ma psy. Ça m'a fait du bien, comme toujours. Nous avons parlé un peu de Franck, de ses paranoïas, de ses idées fixes qui reviennent régulièrement sur le tapis. Toujours les mêmes choses, encore et encore. Ça ne doit pas être facile d'être schizophrène, mais pour les proches, c'est encore plus dur, je crois. C'est un peu énervant aussi, quand il raconte un de ses délires et qu'il s'obstine à dire que c'est vrai, que c'est la réalité. Pas moyen de lui faire entendre raison. Ça me dépasse.

         Chez ma psy, il a aussi été question du fait que Franck est envahissant et me parasite beaucoup. Pour moi, c'est tout ou rien. Quand je suis avec lui, il prend toute la place, je ne trouve de repos qu'en son absence ou quand il dort, comme maintenant.

         Enfin, tout est calme. Pourvu que ça dure.

08/01/2016

Vendredi

 

       Franck est parti ce matin avant mon réveil. Je crois que je n'ai pas été seule chez moi depuis des semaines. Un peu de paix, au calme, ça fait du bien. Je peux écrire en toute tranquillité. Et me remettre des événement du week-end dernier. Oui, vraiment, ça fait du bien de se reposer l'esprit.

       Franck est donc rentré chez lui jusqu'à dimanche. J'espère que de son côté, ça ira. Qu'il ne va pas trop subir sa paranoïa dans son appartement.

06/01/2016

Mercredi, réponse aux commentaires

 

       Franck changera peut-être, ou peut-être pas. Je l'ai accepté et c'est à moi de me préserver maintenant. C'est surtout à moi de changer. Ne plus être en panique chaque fois qu'il veut me quitter, mais accepter calmement la situation. Ne plus avoir peur de la solitude. Heureusement, il y a le CATTP trois jours par semaine, et je crois que je ne vivrai plus la solitude absolue que j'ai connue et qui m'a tant traumatisée. Franck ou pas Franck, je ne vivrai plus ces longs jours, ces longues semaines, ces longs mois, enfermée seule chez moi, sans sortir et sans parler à personne. Je ne vivrai plus cela. Il y a les patients du CATTP, les infirmières, ma psychiatre et toutes ces personnes sont là pour moi désormais. Je dois me débarrasser de cette hantise de la solitude que je subis chaque fois que Franck déconne.

       Changer. C'est bien ce qui se produit en moi ces derniers jours. Je laisse faire, je laisse aller, jusqu'à ce que le changement s'opère. Nous resterons ensemble ou pas, je l'accepte maintenant. Je suis si fatiguée de ces ruptures incessantes que je ne crois pas trop souffrir si ça recommence. Je retrouverai alors une certaine tranquillité et je crois que cela me conviendra comme ça. Et je crois aussi que, dans ses moments de lucidité, Franck commence à comprendre que je ne vais pas continuer à subir ça sans rien faire. Je ne peux pas le guérir, et je ne suis pas assez forte pour le supporter 24h sur 24. J'ai encore l'espoir qu'une autre fois, il y réfléchira à deux fois avant de me larguer.

       Je crois que, dans l'ensemble, ça va aller. Au moins jusqu'à la prochaine fois. Mais quand cette prochaine fois arrivera, pas question d'être au désespoir et de souffrir. Je laisserai aller. Et je sais que je peux vivre sans lui maintenant, ce serait bien des tracas en moins.

       Je commence à comprendre comment il fonctionne. Je commence à reconnaître les moments où il délire et auxquels il n'y a pas de réponse rationnelle. Ce n'est pas facile à gérer, mais je pense mieux m'en sortir à l'avenir.

       Enfin, pour Quantique, c'est vrai que j'avais arrêté de boire seule, durant cinq mois. J'ai recommencé en rencontrant Franck, il y a un peu plus de deux ans. J'avoue qu'en ce moment, je ne sais pas comment faire pour arrêter et que je me réfugie de plus belle dans l'alcool dès que les choses se passent mal. Attendons un peu pour le moment, que la pression retombe.

       J'aimerais mettre un peu plus de gaité sur mon blog et dans ma vie. Ça dépend beaucoup de Franck, mais il est sans doute possible d'être fou et joyeux, non ?

       Des grosses bises à vous, et à très bientôt pour la suite de mes aventures !

04/01/2016

Lundi

 

       Franck est revenu sur sa décision ce matin, et nous restons ensemble. C'est comme ça pour le moment, mais je ne vais plus supporter longtemps ce genre de situation. Ce matin, il était au bord du délire et ça m'a fait peur. Il est vraiment très malade. Ce n'est pas de sa faute, il ne raisonne pas normalement, je le répète, il est très malade. Ce matin, c'était difficile, je l'entendais partir dans ses délires et je ne savais pas quoi faire. Je ne pouvais rien faire.

       Je suis très fatiguée. Nous sommes revenus chez moi, à Fontainebleau et il me dit qu'il s'y sent mieux que chez lui. Chez lui, il est victime de grosses crises de paranoïa, j'en ai été témoin. C'est invivable. Il se sent surveillé, persécuté. Sans raison valable.

       Là, il dort enfin, je peux écrire. Demain matin, le CATTP reprend mais le réveil va être difficile pour moi. J'ai déjà bu deux bouteilles de vin, fumé des tonnes de clopes. J'attaque la troisième bouteille et je n'ai toujours pas envie de dormir, malgré la fatigue.

       Je suis quand même contente parce que j'ai avancé. Il y a du positif dans tout ça. Ce matin, j'étais prête à affronter la solitude et c'est un grand pas en avant. Franck voulait me quitter et j'étais prête à l'accepter. J'étais quand même angoissée, mais pas autant qu'avant. Comme résignée.

       Il faut vraiment que je dorme. Merci encore pour votre soutien, ça m'a tellement aidée.

Qu'en sera-t-il demain ?

 

      J'attaque ma troisième bouteille de vin. Du rosé pamplemousse à 7% d'alcool. C'est doux, je ne suis pas ivre morte non plus. Un peu plus calme que tout-à-l'heure. J'attends d'être suffisamment saoûle pour aller dormir. J'appréhende mon départ demain.

      Heureusement que Claude et Daisy étaient là ce soir, ça m'a bien aidée. Merci à vous.

      Je crois vraiment que Franck et moi, c'est fini. ça va faire mal un certain temps, puis ça passera sans doute. En attendant, il va falloir que je m'occupe. J'ai plein de lecture qui m'attend. Le CATTP va reprendre, ça va me faire du bien. Il faut que je m'accroche. De toute façon, je ne peux pas me permettre de craquer, ce serait ridicule.

      Je n'en veux pas à Franck. Il est vraiment très malade et son traitement ne semble pas très efficace. Depuis que je fréquente le CATTP, je fréquente un certain nombre de schizophrènes qui se portent bien mieux que lui.

      Pour cette fois, je vais le laisser partir.

03/01/2016

Merci

 

        Je profite de ce moment de crise pour dire un grand merci à tous ceux et celles qui me lisent et commentent mes notes. En particulier Quantique, Claude et Daisy. Sans vous, je serais seule au monde. Votre aide m'est très précieuse, vous êtes de belles personnes. Un grand merci et je vous souhaite encore une très belle année 2016. Qu'elle vous apporte tout le bonheur que vous méritez !!

Dimanche

 

       Le réveillon s'est passé à merveille. Tout le monde était heureux et de bonne humeur. Nous avons bu sans compter jusqu'au matin. Vraiment un bon moment.

       En revanche, le 2 et le 3 janvier ont été moins drôles. Franck était mal, déprimé, mais sans véritable raison. Et ce soir, pour commencer l'année en beauté, il m'a de nouveau quittée. Je sais que certains d'entre vous ne vont pas prendre cette nouvelle rupture au sérieux, tant ces séparations sont fréquentes.

       Moi je la prends au sérieux. J'encaisse ce soir comme je peux. Avec du vin, des clopes, la télé et mon blog. Franck est dans la chambre. Je fais ce que je peux pour tenir le coup et ne pas m'effondrer. Il n'y a plus de bus pour rentrer à Fontainebleau, je suis coincée ici jusqu'à demain. J'espère que le retour chez moi, seule, ne sera pas trop difficile ni trop déprimant. Il faudra que je rassemble toutes mes affaires, mes cadeaux de Noël et le reste.

       J'écris pour ne pas m'anéantir. Je bois pour réussir à dormir tout-à-l'heure. Au fond, c'est bien que Franck me quitte maintenant, comme ça. Avec la fermeture du CATTP pour les fêtes, nous sommes chez lui depuis avant Noël, passant tout notre temps ensemble à ne rien faire. Je suis fatiguée aussi de cette situation, j'ai besoin d'être un peu seule, même si ça m'angoisse de rentrer chez moi. Je suis aussi fatiguée de Franck qui est si difficile à vivre, toujours à geindre et à se plaindre.

       Je tiens le coup comme je peux, mais je me sens mal. Même si je me dis que je me sentirai peut-être mieux sans lui.