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29/02/2016

Lundi

 

       J'ai plutôt déprimé hier. Je n'ai rien fait de la journée, à part rester plantée devant mon ordi, à regarder Le Seigneur des Anneaux pour la énième fois. Quand la trilogie est terminée, je remets au début et c'est comme ça depuis des semaines. Je n'arrive plus à me détacher de ces films qui me transportent dans un univers tellement plus intéressant que le mien.

       Franck est arrivé ce matin vers 11h. Il ne se sentait pas très bien et est resté couché la majeure partie du temps, tandis que je regardais mes vidéos.

       Demain matin, nous avons sport cérébral au CATTP, puis ce sera terminé jusqu'à jeudi après-midi, puisque c'est fermé mercredi et jeudi matin. Je ne sais pas comment nous allons occuper notre temps, nous n'avons envie de rien en général. Sauf, pour moi, regarder encore et encore Le Seigneur des Anneaux. Franck voudra peut-être rentrer chez lui, il en a déjà parlé aujourd'hui. Mais comme d'habitude, il a du mal à se décider. Je ne sais pas ce que je vais faire. Je n'ai pas trop envie de rester seule, alors je le suivrai peut-être, à moins qu'il ne souhaite rester chez moi.

      Je traverse une drôle de période. Je ne fais que regarder mes vidéos du matin au soir et du soir au matin. C'est comme une obsession. Je me demande si cela va ma passer un de ces jours, et si c'était le cas, j'en serais bien triste.

      Je pense souvent à la vieillesse et à la mort en ce moment. Je me sens vulnérable. Je voudrais bien mourir, mais je pense que ce ne sera pas avant longtemps, vu que je n'ai pas l'intention de me suicider. Il faut supporter et c'est dur. Je n'ai pas le courage de faire quoi que ce soit. J'arrive à peine à me laver et je déprime parce que mon studio est sale et que je n'ai pas le courage de faire du ménage. C'est aussi pour ça que j'étais mal hier. J'avais plein de choses à faire et je culpabilisais de ne pas bouger.

     Je quitte pour ce soir, je dois me lever demain matin.

27/02/2016

Samedi

 

        Après bien des tergiversations, Franck est rentré chez lui hier soir. Moi, j'ai regardé Koh-Lanta à la télé, puis j'ai dormi près de douze heures. J'étais épuisée. Ça faisait un bail que je n'avais pas dormi aussi longtemps.

        Aujourd'hui, je pense que je ne vais pas mettre le nez dehors. J'ai des clopes, du vin, de la bouffe, pas besoin de sortir. Je vais rester dans ma bulle et avec de la chance, ce sera pareil demain. Je vais pouvoir me reposer un peu seule, ce qui n'est pas arrivé depuis deux semaines, durant lesquelles Franck et moi ne nous sommes pas quittés.

       Alors voilà, l'évaluation est passée et je repars pour un an de CATTP. Cependant, le stress n'est pas tout-à-fait terminé. J'ai rendez-vous avec l'assistante sociale le 7 mars et je me demande bien pourquoi elle veut me revoir. Je ne sais pas quoi lui dire. Je suppose qu'elle va me reparler de ce stage que je ne veux pas faire. Et puis le 15 mars, c'est mon prochain rendez-vous avec ma psychiatre, et elle va sans doute me reparler d'alcool et me demander pourquoi je ne lui ai rien dit à ce sujet. Je n'aborde pas cet entretien avec sérénité.

       A propos d'alcool, j'ai abandonné le rosé pamplemousse et le blanc pêche, trop sucrés, pour du vin blanc classique. C'est plus fort, mais j'en bois moins. Il faudra quand même que je songe à arrêter un de ces jours. Je ne vais pas pouvoir continuer comme ça éternellement.

      

24/02/2016

Mercredi

 

       Voilà, j'ai eu mon évaluation, celle que je redoutais tant. Ça s'est bien passé, ouf ! J'ai été très stressée durant l'entretien qui a duré vingt bonnes minutes, et soulagée quand on m'a libérée. Mais une fois de plus, j'ai pu voir que le Dr.H est vraiment très gentille. Evidemment, elle m'a parlé d'alcool, et je me suis un peu libérée, sans trop en dire non plus. Disons que je ne me suis pas étendue sur ma vraie consommation, mais que j'ai reconnu que l'alcool était présent dans ma vie.

        Mes activités au CATTP ne changent donc pas, je suis rassurée, au moins pour un an. Ce sont celles de Franck qui sont modifiées. Il ne viendra plus en arts plastiques le jeudi matin, mais ira en maquette le vendredi après-midi. Ce qui fait que nous passeront toute la semaine, du lundi au vendredi, chez moi, dans mes 11m² de Fontainebleau. Il est convenu qu'il rentre chez lui le vendredi soir ou le samedi matin, et qu'il ne revienne que le lundi. Je ne sais pas encore si nous pourrons tenir ce programme.

        Maintenant, je vais dormir, je me lève de bonne heure demain !

21/02/2016

Samedi

 

        Comme la semaine dernière, je rêvais d'un peu de solitude. Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Nous avions décidé de faire une bouffe chez Franck ce samedi, avec Gwénaël et Odile. Odile est venue dès le vendredi soir et a dormi sur place. ça va mieux avec elle, mais elle m'agace encore. ça m'a un peu saoûlée qu'elle vienne dormir chez Franck parce qu'elle s'est plutôt imposée. Bref.

        Finalement, Gwen n'est pas venu. Il a fait une insomnie et ne s'est pas réveillé, ce qui lui arrive souvent. Pas de sa faute, mais je me dis que j'aurais pu rester tranquillement chez moi au lieu de venir chez Franck. ça m'aurait fait du bien.

        Là, je profite que Franck soit parti se coucher pour écrire. J'ai ouvert une bouteille de vin blanc tout-à-l'heure, pas prête de dormir.

        Je ne suis pas allée au CATTP de toute la semaine, trop angoissée par les derniers entretiens, et par celui qui arrive pour mardi. Comme je l'ai déjà dit, cette fois il y aura la psychiatre en chef, en plus de Patricia, l'infirmière en chef du CATTP. ça ne va pas être facile. Je suis quasiment sûre qu'on va me reparler d'alcool et je ne sais pas du tout comment je vais m'en sortir. Et plus je stresse, plus j'ai envie de boire.

        J'ai hâte de sortir de tout ça.

       

12/02/2016

Vendredi

 

        Un peu de solitude bienvenue. Franck est parti hier soir, je suis seule chez moi et je le rejoindrai chez lui demain, dans l'après-midi. La semaine s'est très bien passée, je crois que cela va de mieux en mieux entre nous.

        Aujourd'hui, j'avais prévu d'aller jusqu'au Carrefour Market faire quelques courses, pour des choses que je ne trouve pas dans mon quartier. Il faut compter environ quarante minutes de marche pour l'aller-retour. Seulement voilà, il pleut et je crois que ce sera comme ça toute la journée. Je ne sais pas si je vais avoir le courage de sortir si loin par ce temps. Ce serait bien de le faire, pourtant.

        Je continue d'être stressée par toutes ces choses dont j'ai parlé dans mes notes précédentes. Ça tourne et se retourne dans ma tête. Je voudrais bien me détendre un peu et surtout me dire que ce n'est pas la fin du monde. Je me sens comme une petite fille prise en faute.

08/02/2016

Lundi

 

        Une bouteille de rosé pamplemousse, une clope au bout des doigts, Franck qui dort à côté de moi, et mon ordinateur, une fenêtre ouverte sur mon blog, et une autre sur le tome 1 du Seigneur des anneaux, que je regarde en boucle depuis deux semaines. Me voilà heureuse, ce soir.

        Et pourtant, bien des tracas... Lors de l'évaluation du CMP, l'ergothérapeute et l'infirmière m'ont mise en garde contre les méfaits de l'alcool. J'ai répondu que je ne buvais qu'un peu, ce qui est totalement faux, bien sûr. Tout comme il est sûr qu'elles n'ont pas été dupes. Un rapport de cette évaluation a été transmis à ma psychiatre. A elle aussi, j'ai essayé de mentir quand elle m'a parlé de l'alcool. Elle ne savait pas que j'avais recommencé depuis deux ans et demi. Mais je n'ai jamais su mentir. Et quand elle m'en a parlé, j'ai dû paraître ridicule avec mes piètres mensonges. J'appréhende déjà mon prochain rendez-vous, pour le 15 mars. Je sais que je vais me couvrir de honte car il sera inutile de continuer à nier l'évidence.

        Il a aussi été question d'alcool ce week-end, avec Franck. Nous étions invités à manger dimanche midi chez sa mère, à l'occasion de l'anniversaire de celle-ci. Sur la route, quelqu'un est passé à côté de Franck en disant quelque chose comme "tu vas avoir de gros ennuis". Peut-être quelqu'un qui parlait au téléphone, je ne sais pas, je n'ai pas vu la scène. Mais Franck l'a pris pour lui. Une crise de paranoïa en bonne et due forme. Il a écourté le repas chez sa mère, et sur le chemin du retour, il s'est mis à délirer sur cette phrase qu'il avait entendue. Il en avait déduit qu'il ne devait plus boire d'alcool, et du coup, moi non plus, sinon, ce serait la séparation. J'ai encaissé comme j'ai pu, mais ça n'a pas été facile.

         Du coup, l'ambiance était plutôt tendue. Il a fini par se calmer et ce soir, nous avons racheté du vin. Ce n'est pas la meilleure des choses, j'en conviens, mais ce n'est pas de cette manière que j'arrêterai de boire. D'ailleurs, c'est lui qui a craqué le premier.

         Enfin, je me sens cernée de toutes parts à cause de l'alcool et ça me stresse. Du coup, comme je suis stressée, j'ai encore plus envie de boire.

         J'appréhende aussi beaucoup l'évaluation avec la psychiatre en chef de l'hôpital auquel est rattaché le CATTP. C'est aussi la psy habituelle de Franck, et il lui a confié que je buvais.

         Pour ce qui est du stage qu'on voudrait me voir faire, je suis quasiment certaine maintenant que je n'y parviendrai pas.

         Et puis il y a autre chose aussi qui me tracasse vraiment. Depuis l'été dernier, je n'arrive plus à déglutir normalement, que ce soit ma salive, du liquide ou de la nourriture. Certains jours, comme aujourd'hui, je ne mange presque rien car je n'arrive pas à avaler. C'est très angoissant. Je crois qu'il va falloir que je retourne chez le médecin, et ça me fait très peur. J'ai peur de me retrouver à l'hôpital avec un cancer de la gorge car je suis une grande fumeuse et depuis longtemps. Mais tôt ou tard, il va bien falloir que je m'occupe de ce problème qui ne passe pas.

         A propos d'hôpital, j'en connais un qui ne voulait pas y aller et qui a dû y retourner, c'est Philippe. Ce sont les dernières nouvelles que nous avons de lui, par une infirmière du CMP. Il aurait fait un malaise chez lui, dû à une pneumonie, peut-être même un AVC. Nous n'avons aucun moyen de le contacter, nous ne savons même pas dans quel hôpital il se trouve. Nous pensons que nous n'aurons plus aucune nouvelle de lui. Il ne nous a même pas téléphoné lorsqu'il est sorti de l'hôpital la première fois. Souvent, j'ai peur de finir comme lui, dans la solitude la plus totale.

         Bon, je sais ce n'est pas très réjouissant tout ça. J'aurais bien besoin de faire un peu de pensée positive !

02/02/2016

Lundi, nuit

 

       D'abord un grand merci pour vos commentaires qui m'ont beaucoup aidée. Je suis désolée de ne pas avoir le courage de vous répondre individuellement, mais je vous assure que le coeur y est.

       J'ai revu l'assistante sociale du CMP aujourd'hui. Ça s'est mieux passé que la semaine dernière, elle s'est montrée compréhensive dans l'ensemble. Et puis cette fois, elle m'a prise à l'heure, pas comme la dernière fois où elle avait une bonne vingtaine de minutes de retard. Je déteste les gens en retard, car ça me fait poireauter dans des salles d'attente et ça m'angoisse. Je déteste aussi les gens qui ne s'excusent pas de leur retard, ce qui a été le cas la semaine dernière. Mais bref, passons ces détails.

        Je n'ai pas tout compris à ce qu'elle m'a dit. Elle parle beaucoup et pas toujours clairement. Mais après cet entretien, je me suis sentie un peu rassurée. Et je commence même à entrevoir une infime possibilité de faire ce stage dont elle me parle.

         Pour le reste, elle fait son boulot, je l'ai bien compris. Je ne lui en veux pas. Si elle m'a contactée, c'est parce que sa collègue de la MDPH en charge de mon dossier lui a demandé des précisions sur ma situation. C'est ce dossier qui complique tout, il faut justifier régulièrement sa situation. Là, ça devient un peu technique et c'est compliqué. Je suis en invalidité, catégorie 2, je touche donc une pension d'invalidité d'environ 350 euros, payée par la sécu. Je reçois un complément, une allocation d'adulte handicapé, payée par la CAF, et décidée par la MDPH.

         Enfin, bref, c'est compliqué ces histoires de dossier et d'allocation. Je ne vais pas rentrer dans le détails. Mais de mon dossier dépend mon allocation d"handicapée et j'en ai besoin pour vivre.

           Pour ce soir, je suis fatiguée et je vais aller me coucher, et Franck vient de se réveiller. Merci encore pour vos commentaires, je vous dis à bientôt.