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19/12/2017

Lundi, nuit

 

           Franck dort dans la chambre, le chat sur le canapé, je regarde New York Unité Spéciale.

           Parfois nous nous engueulons, parfois comme aujourd'hui, nous rions ensemble, j'imagine que c'est normal. Pourtant, les engueulades me blessent chaque fois. Ensuite, c'est difficile de remonter la pente.

           Après un week-end tranquille, avec même une visite rapide du cousin de Franck dimanche après-midi, nous avons fait des courses aujourd'hui. C'était l'activité du jour. Le plein de bière et quelques achats pour Noël, comme du foie gras, du tarama, des noix de Saint-Jacques et du vin blanc.

           Franck a invité Philippe à passer le jour de Noël avec nous, car il est seul. Ça ne m'enchante pas, je vais sûrement me faire chier, mais bon, c'est Noël. Heureusement, il y aura de quoi boire, ça trompera mon ennui. Philippe ne veut pas venir le 24 au soir car il veut assister à la messe de minuit. Il viendra donc le 25 et je ne sais pas s'il restera dormir. J'aimerais autant qu'il ne reste pas mais je suppose qu'il va boire de l'alcool et qu'il ne pourra pas rentrer à Bleau en voiture. Ça ne m'arrange pas car le 26 au matin, je dois emmener Franck au CMP pour son injection d'Haldol. Pfff, supporter Philippe dès le réveil, je m'en réjouis d'avance... :/

           Demain, rien d'important à faire, rien d'urgent. Nous sommes bien soulagés depuis que nous avons rendu l'appartement. Enfin, il y a toujours quelque chose à faire ici, comme ranger un peu, faire un peu de ménage, un peu de cuisine, un peu de linge, ou encore ramasser les feuilles qui pourrissent sur la terrasse depuis un mois. D'ici le printemps, Franck devra s'occuper de rabattre le laurier sauce du jardin.

           Mais rien ne presse, nous sommes tranquilles et je peux me permettre de me coucher tard. J'aime la nuit et veiller est un luxe dont je profite depuis que je ne travaille plus. Ça fait 5 ans déjà. J'ai encore du mal à réaliser que c'est fini pour moi, enfin, après des années de galère. Fini le boulot, c'est la belle vie maintenant. C'est une vie toute simple, je me contente de peu de choses, mais je vais beaucoup mieux.

           Alors demain, si Franck ne me réveille pas, je vais dormir jusqu'à au moins midi ou 13h. Peut-être plus encore. Je n'ai plus qu'à prendre mes médicaments et au lit !

13/12/2017

Mardi, nuit

 

           Je trouve enfin un moment pour ouvrir mon portable et écrire un peu. Pourtant, l'ordi de Franck est constamment allumé mais je n'aime pas trop m'en servir lorsqu'il s'agit de mon blog. Je préfère l'intimité de mon propre pc. Un moment où je me sens assez bien. J'ai regardé La Menace Fantôme sur TF1, Franck s'est endormi sur le canapé, je laisse la télé tourner sur New York Unité Spéciale.

           J'écris que je me sens assez bien car les derniers jours ont été tendus et c'est seulement ce soir, tandis que Franck dort, que je retrouve un peu de sérénité.

           Aujourd'hui, nous avons enfin nettoyé l'appartement de Franck avant l'état des lieux. Ça faisait des jours que nous ne cessions de remettre à plus tard ce grand ménage pourtant obligatoire. Enfin, voilà, c'est fait et nous sommes bien contents. Pour fêter ça, nous nous sommes payé une bouteille de Soho et une autre de rhum. C'est très bon avec du jus d'orange et ça change de la bière.

           Samedi après-midi, nous avions invité Philippe et Gwen. Nous devions jouer au poker, comme d'habitude, mais sans crier gare, Philippe a annoncé qu'il ne voulait pas jouer. Du coup nous avons fait quelques parties à trois seulement, mais Franck lui aussi a vite laissé tomber. Nous avons donc arrêté de jouer. Cela m'a beaucoup déçue et je crois que Gwen aussi. D'ailleurs, il a voulu rentrer beaucoup plus tôt que d'habitude. Et bien sûr, comme d'habitude aussi, Philippe ne voulait plus décoller.

           Toujours aussi difficile de se faire des amis et de les garder. J'ai peur de la solitude. Je suis très déçue de ce samedi, à cause de Philippe qui a encore trouvé le moyen de faire chier le monde en ne voulant pas jouer avec nous. Il ne veut jamais rien faire de toute façon et j'en ai marre de lui. Après leur départ, j'ai laissé éclater ma contrariété ce qui a provoqué une grosse dispute avec Franck qui prend toujours son parti. Et ça aussi ça m'énerve.

           Je crois que nous ne jouerons plus au poker. Et c'est bien dommage. Nous devons nous réunir tous les quatre pour le soir du Nouveil An. Philippe et Gwen dormiront chez nous et j'appréhende beaucoup cette soirée. Je ne sais pas comment je vais faire pour m'amuser. J'ai peur que Gwen ne finisse par s'ennuyer avec nous. Et l'Ombre de la Solitude se dresse à nouveau devant moi.

            Franck ne comprend pas ce que je ressens. D'ailleurs il ne se soucie guère de moi en général. A part lui-même, pas grand-chose ne l'intéresse. Je le supporte bon gré mal gré.

           Hier soir, j'ai appelé Annie dont je n'avais pas de nouvelles depuis près de deux mois. Ça m'a fait du bien. Je comptais aller la voir dimanche prochain mais elle n'est pas disponible. Ensuite il y aura Noël et le Jour de l'An qu'elle passera avec ses enfants. On ne se verra pas avant janvier pour manger ensemble une galette des rois. Elle invitera aussi Gwen et Nathalie. Voir du monde, ça va être bien.

            Et puis à part ça, la mort de Johnny la semaine dernière. C'est dommage. Il va nous manquer.

01/12/2017

Vendredi

 

           Nous sommes dans la maison depuis deux semaines. Bien installés. Trop bien même, à mon goût. Je ne peux m'empêcher de penser que si je dois, pour une raison ou une autre, retourner vivre dans mon studio, le choc risque d'être rude.

           D'ailleurs, dans mon studio, il faudra bien y aller lorsque la mère de Franck décidera de s'inviter chez nous. Ça ne va pas être drôle du tout de squatter à deux dans 11m². Et elle a dit qu'elle reviendrait tous les deux mois. Il nous faudra alors abandonner les lieux, notre chat, nos affaires, le confort, pour une durée indéterminée... Je trouve que c'est une situation bizarre.

           Je préférais vivre avec Franck dans son appartement, même si c'était moins pratique que cette maison.  Je suis mal-à-l'aise ici. C'est la maison de sa mère et elle nous l'a bien fait comprendre avant de partir. Si cela avait été celle de Franck, nous aurions pu nous pacser ou nous marier et alors j'aurais pu me sentir chez moi, rassurée sur le présent et l'avenir. Mais là, comme avenir, je ne vois que mon minuscule studio humide.

           L'avenir... Je ne peux pas m'empêcher d'y penser et d'angoisser. Je sais bien qu'en faisant cela, je suis sur la mauvaise voie, mais je n'envisage qu'un futur sombre, dans la vieillesse, la faiblesse et la solitude. Comment imaginer autre chose pour moi ?

           Bon, je sais que tout ça n'est pas très positif. Il y a quand même de bonnes choses en ce moment. Franck et moi ne nous disputons pas trop et c'est déjà beaucoup.

           Je n'ai que 43 ans. Je suppose que bien des choses peuvent encore arriver dans ma vie. On ne sait jamais. Des choses positives.

           Lundi, je vois mon psy. J'espère que je pourrai lui parler un peu plus que la dernière fois. Il était très en retard et m'a expédiée rapidement.

           J'aimerais avoir des projets. De vrais projets. Des projets pour moi.